La synthèse publiée par l’INRS dans sa revue de septembre 2026 remet en lumière une exposition parfois sous-estimée : celle des salariés de l’industrie pharmaceutique aux principes actifs chimiques, de la recherche au nettoyage des équipements. Elle reprend une expertise de l’Anses parue en avril 2026. Pour l’employeur, le point utile est de revoir les situations de travail et le partage des données de danger, sans attendre qu’une valeur limite réglementaire existe pour chaque substance.
Ce que relève l’INRS
L’article AC 207 de l’INRS porte sur les principes actifs médicamenteux correspondant à des substances chimiques bien identifiées. Il ne conclut pas que tous les médicaments présentent le même danger. Il souligne que les données de toxicité disponibles au début du développement peuvent être incomplètes et que les règles de mise sur le marché du médicament ne sont pas conçues pour documenter toutes les expositions professionnelles.
Les exemptions partielles aux règlements Reach et CLP évoquées par l’INRS ne retirent pas les obligations de prévention du Code du travail. Les entreprises doivent donc décrire les opérations exposantes, évaluer les risques et choisir des mesures adaptées. Le guide sur le risque chimique en entreprise rappelle le cadre général applicable aux agents chimiques dangereux.
Une valeur limite mesurée dans l’air ne décrit pas, à elle seule, une exposition qui peut aussi passer par la peau ou l’ingestion accidentelle. L’Anses recommande de mieux documenter l’ensemble des voies d’exposition et de privilégier, lorsque cela est pertinent et possible, l’élaboration de valeurs limites biologiques. Il s’agit d’une recommandation de l’agence, pas d’une nouvelle obligation générale annoncée ici.
Où regarder dans l’établissement ?
| Étape de travail | Question de prévention à poser |
|---|---|
| Recherche et développement | Quelles données de danger sont disponibles pour les substances encore en développement ? Comment les décisions provisoires sont-elles révisées ? |
| Fabrication et conditionnement | Quels transferts, ouvertures ou rejets peuvent exposer les équipes ? Les protections collectives sont-elles adaptées aux opérations réelles ? |
| Maintenance et nettoyage | Qui intervient sur les équipements et les locaux après production ? Les sous-traitants reçoivent-ils les informations utiles sur les substances rencontrées ? |

Quatre vérifications utiles à l’employeur
- Cartographier les situations de travail. Inclure les phases non routinières, les changements de produit, la maintenance et le nettoyage, puis reprendre l’inventaire des risques dans le DUERP.
- Identifier les données réellement connues. Distinguer les informations confirmées des hypothèses de classification utilisées au début du développement. L’Anses recommande d’harmoniser les méthodes de gestion graduée des risques et de les réserver à une phase transitoire.
- Vérifier les voies d’exposition. Examiner les voies respiratoire, cutanée et orale possibles dans les opérations concernées, avec le médecin du travail et les compétences de prévention adaptées.
- Partager les informations nécessaires. L’Anses recommande des valeurs de référence documentées et régulièrement actualisées, disponibles pour le médecin du travail, les représentants du personnel et les entreprises sous-traitantes utilisant le même principe actif.
La synthèse de l’INRS ne remplace ni l’analyse d’une substance donnée ni l’avis du service de prévention et de santé au travail. Elle fournit une méthode de questionnement pour les employeurs concernés. Le suivi médical individuel relève du médecin du travail ; les informations de santé des salariés ne doivent pas être collectées dans le DUERP.
Sources consultées le 06/10/2026 : INRS, « Expositions aux principes actifs médicamenteux », AC 207, septembre 2026 ; texte intégral de la synthèse INRS (PDF) ; Anses, rapport d’expertise collective, avril 2026 (PDF).
