L’employeur a des obligations légales précises en matière de santé au travail et de gestion des arrêts maladie. Du versement du complément de salaire à l’organisation de la visite de reprise, chaque étape est encadrée par le Code du travail. Un manquement peut entraîner des sanctions financières et contentieuses.
📌 En bref — les 5 obligations clés de l’employeur
- Sécurité physique et mentale : prévenir tous les risques professionnels (Code du travail L.4121-1).
- Document unique (DUERP) : évaluer, formaliser, mettre à jour annuellement (R.4121-1 à R.4121-4).
- Visite de reprise : organiser dans les 8 jours après arrêt ≥ 60 jours ou maladie professionnelle.
- Maintien de salaire et subrogation selon convention collective et ancienneté (L.1226-1).
- Information CSE/CSSCT et consultation avant toute décision impactant santé/sécurité (L.2312-9).
Vos obligations décryptées
Complément de salaire
Conditions de versement, délai de carence, montant et durée selon l’ancienneté.
Visite de reprise
Quand l’organiser ? Qui la demande ? Conséquences en cas d’absence de visite.
Entretien de retour
Bonnes pratiques pour mener un entretien de retour après absence constructif et efficace.
3 750 €
Amende prévue par l’article L.4741-1 du Code du travail en cas d’absence ou de DUERP non mis à jour, multipliée par le nombre de salariés concernés (jusqu’à 9 000 € en récidive).
Le versement du complément de salaire ouvre le droit à la contre-visite médicale. C’est un levier essentiel dans la prévention de l’absentéisme.
Subrogation salaire arrêt maladie — Conditions, mise en place et avantages pour l’employeur.
Arrêt maladie longue durée — Gestion RH et obligations de l’employeur face aux absences prolongées : maintien de salaire, subrogation, prévoyance et visite de reprise.
Obligations de l’employeur pendant un arrêt maladie — droits, maintien de salaire, contre-visite et reprise.
📥 Ressource gratuite — DUERP 2026
Checklist 50 points (PDF) + modèle Excel pré-rempli pour formaliser ou mettre à jour votre document unique d’évaluation des risques professionnels. Sources : Code du travail R.4121-*, INRS ED 887, ANACT.
📄 Télécharger le PDF
·
📊 Télécharger le modèle Excel
Usage méthodologique — ne se substitue pas à l’analyse de votre établissement par le médecin du travail / SPSTI.
⚠️ Information juridique générale
Les obligations détaillées sur cette page reflètent le cadre légal applicable au 27 avril 2026. Conventions collectives et accords d’entreprise peuvent prévoir des dispositions plus favorables. Pour votre situation précise, consultez votre médecin du travail (SPSTI), votre conseil juridique ou un expert santé travail.
Foire aux questions sur les obligations de l’employeur
Quelles sont les principales obligations de l’employeur en matière de santé au travail ?
L’employeur a une obligation de sécurité de résultat envers ses salariés (article L.4121-1 du Code du travail). Cela inclut : la mise en place d’actions de prévention (L.4121-2 — 9 principes généraux), la rédaction et la mise à jour du Document unique d’évaluation des risques professionnels (DUERP — R.4121-1 à R.4121-4), l’organisation des visites médicales (embauche, périodique, reprise), la formation à la sécurité (L.4141-2), et la consultation du CSE sur toute question relative à la santé et à la sécurité (L.2312-9).
L’employeur peut-il être condamné pour manquement à son obligation de sécurité ?
Oui. Depuis l’arrêt Eternit (Cass. soc. 28 février 2002), l’obligation de sécurité de l’employeur est qualifiée d’obligation de sécurité renforcée. La Cour de cassation a précisé en 2015 (Cass. soc. 25 novembre 2015, n° 14-24444) qu’elle s’apprécie désormais comme une obligation de moyens renforcée : l’employeur doit démontrer avoir pris toutes les mesures nécessaires de prévention. À défaut, sa responsabilité civile (faute inexcusable) et pénale (L.4741-1 et suivants) peut être engagée.
Quel est le délai pour organiser une visite de reprise après un arrêt maladie ?
La visite de reprise est obligatoire dans les 8 jours suivant la reprise du travail (article R.4624-31 du Code du travail) après : un arrêt maladie d’au moins 60 jours, un arrêt suite à une maladie professionnelle (quelle que soit la durée), un arrêt accident du travail d’au moins 30 jours, ou un congé maternité. C’est l’employeur qui doit la solliciter auprès du SPSTI. Son absence peut faire perdre à l’employeur le bénéfice de la rupture du contrat de travail en cas d’inaptitude.
L’employeur doit-il toujours maintenir le salaire pendant un arrêt maladie ?
Le maintien de salaire dépend de l’ancienneté du salarié et des stipulations conventionnelles. La loi de mensualisation (article L.1226-1 du Code du travail) impose un maintien à hauteur de 90 % du salaire brut pendant 30 jours, puis 66 % les 30 jours suivants, après 1 an d’ancienneté et un délai de carence de 7 jours (réduit à 3 jours en cas d’AT/MP). De nombreuses conventions collectives prévoient un maintien intégral et plus long. Le paiement des indemnités journalières par la Sécurité sociale peut être versé à l’employeur via la subrogation (cf. page subrogation).
Quelles sanctions en cas de non-respect des obligations santé au travail ?
Les sanctions sont multiples : amendes pénales (3 750 € par salarié concerné en cas d’absence de DUERP — L.4741-1 ; 9 000 € en récidive), responsabilité civile via la faute inexcusable (majoration de la rente AT/MP, indemnisation des préjudices), sanctions administratives de l’inspection du travail (mise en demeure, arrêt temporaire des travaux). En cas d’accident grave, des poursuites pénales pour blessures involontaires (article 222-19 du Code pénal) voire homicide involontaire (221-6) peuvent viser l’employeur personne physique et la personne morale.
Comment formaliser le respect de ses obligations santé au travail ?
La formalisation passe par plusieurs documents traçables : le DUERP à jour (déposé sur le portail national depuis le 1er juillet 2024 pour toutes les entreprises), le plan d’action de prévention des risques professionnels (PAPR) ou programme annuel pour les entreprises ≥ 50 salariés, les fiches d’entreprise du SPSTI, les comptes rendus de consultation du CSE, les registres de sécurité (registre des accidents bénins, registre de sécurité incendie, vérifications périodiques), et les preuves de formation (émargements, attestations). Conserver l’ensemble pendant 40 ans (loi 2021-1018) pour traçabilité des expositions.
Spécial employeurs lyonnais :
Médecine du travail à Lyon : obligations employeur, services agréés et particularités régionales