Rôle du CSE en santé-sécurité

En bref

  • Seuil : CSE obligatoire dès 11 salariés
  • CSSCT : commission santé-sécurité obligatoire dès 300 salariés
  • Missions clés : prévention des risques, enquêtes AT, droit d’alerte, inspections
  • Consultation obligatoire : avant tout projet impactant les conditions de travail

Le CSE : héritier du CHSCT

Depuis les ordonnances Macron de 2017, le Comité Social et Économique (CSE) a fusionné les anciennes instances représentatives (CE, DP, CHSCT) en une instance unique. En matière de santé, sécurité et conditions de travail, le CSE a repris l’intégralité des attributions du CHSCT. Cette concentration des compétences impose aux élus une maîtrise large des sujets de prévention.

Dans les entreprises de 300 salariés et plus, une Commission Santé, Sécurité et Conditions de Travail (CSSCT) doit être constituée au sein du CSE. Cette commission peut également être mise en place dans les entreprises de moins de 300 salariés, par accord ou sur décision de l’inspecteur du travail (notamment dans les établissements classés Seveso ou les sites nucléaires).

Les missions du CSE en santé-sécurité

Mission Contenu Fréquence
Analyse des risques Contribution au DUERP, identification des dangers Continue
Inspections Visites régulières des locaux, vérification des EPI Au moins 4 par an
Enquêtes AT/MP Investigation après chaque accident du travail Après chaque AT grave
Droit d’alerte Signalement de danger grave et imminent À tout moment
Consultation Avis sur les projets impactant les conditions de travail Avant chaque projet
Propositions Actions de prévention, amélioration de la QVT Continue

Le droit d’alerte en cas de danger grave

Tout membre du CSE qui constate l’existence d’une cause de danger grave et imminent dispose d’un droit d’alerte auprès de l’employeur. Ce droit, prévu par l’article L4131-2 du Code du travail, déclenche une procédure contraignante pour l’employeur : enquête immédiate conjointe, mesures correctives, et en cas de désaccord, saisine de l’inspection du travail.

Le droit d’alerte ne se limite pas aux risques physiques. Les risques psychosociaux (harcèlement moral, surcharge de travail pathogène, situation de souffrance au travail) peuvent également justifier une alerte. Le CSE joue un rôle de sentinelle pour détecter les situations à risque avant qu’elles ne dégénèrent en accident du travail ou en inaptitude.

Consultations obligatoires du CSE

L’employeur est tenu de consulter le CSE avant toute décision susceptible d’affecter les conditions de travail. Cette obligation couvre un champ très large : introduction de nouvelles technologies, modification de l’organisation du travail, plan de réduction des effectifs, aménagement des horaires, mise en place du télétravail.

En matière de santé au travail spécifiquement, le CSE doit être consulté sur le rapport annuel du médecin du travail, le programme annuel de prévention des risques (PAPRIPACT), et les propositions de reclassement en cas d’inaptitude. L’absence de consultation peut entraîner un délit d’entrave et la nullité de la décision prise.

CSE et gestion de l’absentéisme

Le CSE est un acteur clé de la prévention de l’absentéisme. Il dispose d’un accès aux données chiffrées de l’entreprise (bilan social, rapport sur la situation comparée, indicateurs santé-sécurité) qui lui permettent d’identifier les services ou les postes les plus touchés par l’absentéisme.

Le CSE peut proposer des actions concrètes : amélioration de l’ergonomie des postes, révision de l’organisation du travail, mise en place d’entretiens de retour systématiques, renforcement de la politique de qualité de vie au travail. Son implication est d’autant plus légitime que les statistiques montrent un lien direct entre conditions de travail et absentéisme.

Moyens et formation des élus

Les membres du CSE bénéficient d’une formation en santé-sécurité obligatoire, d’une durée de 5 jours lors du premier mandat (3 jours lors du renouvellement). Cette formation est à la charge de l’employeur et doit être dispensée par un organisme agréé. Les élus disposent également d’heures de délégation pour exercer leurs missions (16 heures par mois dans les entreprises de 50 à 74 salariés, davantage au-delà).

Le CSE peut faire appel à un expert habilité (anciennement expert CHSCT) en cas de risque grave, de projet important modifiant les conditions de travail, ou d’introduction de nouvelles technologies. Le coût de l’expertise est partagé entre l’employeur (80 %) et le CSE (20 %), sauf en cas de risque grave où l’employeur prend en charge la totalité. Les salariés en situation de handicap nécessitent une attention particulière du CSE.

Pour une approche complète de la prévention, consultez nos pages sur le Document Unique (DUERP) et le coût de l’absentéisme. Nos services de contre-visite médicale complètent utilement l’action du CSE.

Le CSE est-il informé des contre-visites médicales ?

L’employeur n’est pas tenu d’informer le CSE de chaque contre-visite individuelle. En revanche, le CSE peut demander des données agrégées sur le recours à la contre-visite dans le cadre de sa consultation sur la politique sociale de l’entreprise.

Le CSE peut-il s’opposer à un projet de l’employeur ?

Le CSE rend un avis consultatif, pas un avis conforme. L’employeur peut passer outre un avis défavorable, mais il doit motiver sa décision. Un avis négatif du CSE peut néanmoins constituer un élément de preuve en cas de contentieux ultérieur (accident, faute inexcusable).

La CSSCT est-elle obligatoire dans toutes les entreprises ?

La CSSCT est obligatoire dans les entreprises de 300 salariés et plus et dans certains établissements à risques (Seveso, nucléaire). Elle peut être mise en place volontairement dans les entreprises plus petites, par accord d’entreprise.

Quel est le rôle du CSE en cas d’inaptitude d’un salarié ?

Le CSE doit être consulté sur les propositions de reclassement formulées par l’employeur suite à un avis d’inaptitude du médecin du travail. Cette consultation est obligatoire et son absence rend le licenciement nul.