Santé publique France a publié le 8 octobre 2026 les résultats de son Baromètre 2024. Parmi les actifs occupés interrogés, 15,3 % ont vécu un épisode dépressif caractérisé au cours des douze derniers mois. Ce résultat décrit un état de santé dans une population qui travaille : il ne signifie pas que le travail a causé chacun de ces épisodes. Pour un employeur, il rappelle l’intérêt d’évaluer les situations de travail qui peuvent exposer aux risques psychosociaux.
Ce que mesurent ces chiffres
Le dossier de Santé publique France distingue les actifs occupés de l’ensemble des adultes. Il indique aussi que les employés et les professions intermédiaires présentent, dans cette enquête, des prévalences plus élevées pour plusieurs indicateurs de santé mentale que les autres catégories. Ces données de population ne permettent pas d’attribuer un trouble individuel à une entreprise, à un poste ou à une exposition professionnelle précise.
Une autre surveillance de l’agence porte spécifiquement sur la souffrance psychique en lien avec le travail, à partir des maladies à caractère professionnel signalées. Son périmètre et sa méthode diffèrent du Baromètre 2024 : les pourcentages ne doivent pas être additionnés ni comparés comme s’ils décrivaient le même indicateur.
Un pourcentage national ne remplace pas l’évaluation des risques dans votre établissement. Le DUERP doit partir des activités, de l’organisation et des situations de travail réelles, sans contenir de diagnostic médical nominatif.
Que peut faire l’employeur à partir de ce signal ?
Le Code du travail, article L4121-1, demande à l’employeur de protéger la santé physique et mentale des travailleurs. L’article L4121-3 prévoit une évaluation des risques qui tient compte, notamment, de l’organisation du travail. L’INRS propose d’analyser le travail réel et les facteurs de risques psychosociaux avant de choisir des mesures de prévention.

Passer des données générales aux situations concrètes
- Repérer les signaux collectifs. Examiner, avec les acteurs de prévention concernés, les changements de charge, d’horaires, de moyens ou de relations de travail.
- Décrire les expositions. Identifier les unités de travail et les facteurs de risque pertinents, puis actualiser le DUERP lorsque l’évaluation le justifie.
- Choisir et suivre les mesures. Agir sur l’organisation et vérifier avec les équipes si les mesures réduisent les contraintes observées.
En présence d’une situation individuelle de santé, le médecin du travail et les professionnels de santé compétents conservent leur rôle propre. Une enquête sur les conditions de travail ne doit pas devenir une collecte de données médicales personnelles.
Sources consultées le 11 octobre 2026 : Santé publique France, données sur la santé mentale en milieu professionnel et Baromètre 2024 publié en octobre 2026 ; Code du travail, article L4121-1 et article L4121-3 ; INRS, démarche de prévention des risques psychosociaux.
