En bref
- Une vaste étude épidémiologique publiée en 2026 établit un lien significatif entre l’exposition professionnelle aux pesticides et la maladie de Charcot (SLA).
- Le risque de développer la SLA augmente de 61 % chez les travailleurs exposés.
- L’employeur est tenu d’évaluer ce risque dans le DUERP et de mettre en place des mesures de prévention adaptées.
- Les secteurs agricoles, viticoles, espaces verts et industrie phytosanitaire sont en première ligne.
Un risque professionnel confirmé par la science
Une vaste étude épidémiologique publiée en septembre 2026 conclut que l’exposition professionnelle aux pesticides augmente de 61 % le risque de développer la maladie de Charcot (Sclérose Latérale Amyotrophique, SLA). Cette maladie neurodégénérative grave, dont la reconnaissance comme maladie professionnelle est possible sous certaines conditions, oblige les employeurs à agir préventivement.
Pour les DRH et dirigeants de PME dont les salariés manipulent des produits phytosanitaires, ce résultat a une traduction directe dans le Document Unique d’Évaluation des Risques Professionnels (DUERP) : le risque SLA lié aux pesticides doit figurer dans l’inventaire des risques chimiques, avec les mesures de prévention associées.
Secteurs concernés
- Agriculture, viticulture, arboriculture
- Espaces verts et paysagisme
- Industrie phytosanitaire et chimique
- Entretien d’infrastructures (routes, voies ferrées)
- Collectivités territoriales (services techniques)
Ce que dit le Code du travail sur les risques chimiques
L’article R4412-1 du Code du travail oblige tout employeur dont les salariés sont susceptibles d’être exposés à des agents chimiques dangereux à réaliser une évaluation spécifique du risque chimique, intégrée au DUERP. Les pesticides classés CMR (Cancérogènes, Mutagènes, Reprotoxiques) sont soumis à des règles encore plus strictes, prévues aux articles R4412-60 et suivants.
Concrètement, l’employeur doit :
- Inventorier les produits chimiques utilisés et consulter leurs Fiches de Données de Sécurité (FDS).
- Évaluer l’exposition : fréquence, durée, voies d’entrée (cutanée, inhalatoire, digestive).
- Substituer si possible par des produits moins dangereux (principe de substitution, article R4412-66).
- Mettre en place des protections collectives (ventilation, confinement) avant les EPI.
- Former et informer les salariés sur les risques et les mesures de prévention (article L4141-1).
- Assurer un suivi médical renforcé (SMR ou SIR selon la classification INRS) via le médecin du travail.
Maladie de Charcot : vers une meilleure reconnaissance en maladie professionnelle ?
La SLA peut être reconnue comme maladie professionnelle via le système complémentaire des Comités Régionaux de Reconnaissance des Maladies Professionnelles (CRRMP) lorsqu’elle ne répond pas aux critères d’un tableau. Cette nouvelle étude pourrait accélérer l’évolution réglementaire, comme ce fut le cas pour les pathologies cardiovasculaires liées au stress ou le burn-out.
L’INRS, dans ses travaux sur les risques chimiques, recommande aux entreprises de ne pas attendre la reconnaissance officielle pour agir : le principe de prévention (article L4121-1 du Code du travail) impose à l’employeur d’éviter les risques connus ou évolutifs.
Rappel INRS sur les pesticides
L’INRS classe plusieurs pesticides organophosphorés et carbamates parmi les agents neurotoxiques. Ses fiches toxicologiques (accessibles sur inrs.fr) constituent une base de travail pour l’évaluation du risque et la mise à jour du DUERP.
Quelles actions concrètes pour l’employeur ?
Face à ces évolutions scientifiques, voici les trois priorités immédiates pour les entreprises concernées :
- Mettre à jour le DUERP en ajoutant le risque SLA lié aux pesticides dans la rubrique « risques chimiques ». Le DUERP doit être actualisé dès que les informations disponibles sur les risques évoluent (article R4121-2 du Code du travail).
- Contacter le médecin du travail (SPSTI) pour définir si les salariés exposés doivent relever d’un suivi individuel renforcé (SIR), qui inclut des examens complémentaires spécifiques.
- Documenter les expositions (registres, quantités utilisées, durée d’exposition) pour se protéger en cas de contentieux futur. La faute inexcusable de l’employeur peut être retenue s’il est démontré qu’il avait ou aurait dû avoir conscience du risque.
Note : Cette actualité est fournie à titre informatif. Pour évaluer votre situation spécifique et mettre à jour votre DUERP, consultez votre médecin du travail ou un expert SST habilité. Sources : Code du travail (articles R4412-1, R4412-60, L4121-1), INRS (fiches toxicologiques pesticides), Assurance Maladie.