L’Assurance Maladie a publié le 13 octobre 2026 les premiers chiffres de la branche accidents du travail et maladies professionnelles (AT/MP) pour 2025. Près de 700 000 sinistres avec arrêt ou incapacité permanente ont été reconnus, 1 331 décès ont été pris en charge et les indemnités journalières atteignent 5,4 milliards d’euros. Pour un employeur, ces données disent surtout où porter l’effort de prévention : manutentions et troubles musculosquelettiques, jeunes salariés, déplacements et santé psychique.
Ce que montre le bilan 2025 de la branche AT/MP
Le communiqué de l’Assurance Maladie Risques professionnels porte sur les 20,9 millions de salariés du régime général. Le nombre d’accidents du travail reste stable (551 225, soit +0,3 %) et l’indice de fréquence ne bouge pas : 26,4 accidents pour 1 000 salariés. Les accidents de trajet progressent davantage (96 306, +1,7 %), comme les maladies professionnelles (52 187, +3,1 %). L’ensemble représente plus de 84 millions de journées d’arrêt.
Sur les 1 331 décès reconnus, 783 font suite à un accident du travail et 344 à un accident de trajet. L’Assurance Maladie précise que les malaises représentent plus de la moitié des décès pris en charge au titre des accidents du travail. Le détail par secteur et par risque figurera dans le rapport annuel complet, annoncé au plus tard pour fin octobre 2026. Nous avions analysé l’édition précédente dans notre actualité sur les morts au travail en 2024.
| Indicateur 2025 | Valeur | Évolution sur un an |
|---|---|---|
| Accidents du travail | 551 225 | +0,3 % |
| Accidents de trajet | 96 306 | +1,7 % |
| Maladies professionnelles | 52 187 | +3,1 % |
| Affections psychiques reconnues hors tableaux | non chiffré dans le communiqué | +9 %, plus du double depuis 2020 |
| Indemnités journalières | 5,4 Md€ | +10,5 % |
| Résultat de la branche | -182,2 M€ | premier déficit après douze années d’excédents |
Les arrêts s’allongent : selon l’Assurance Maladie, la hausse des durées d’arrêt explique 6,4 points des 10,5 % de progression des indemnités journalières. Un accident ou une maladie professionnelle coûte donc plus cher qu’avant, pour le salarié comme pour l’entreprise dont le taux de cotisation AT/MP dépend de sa sinistralité. Le communiqué ne fixe aucun nouveau taux : les taux sont notifiés chaque année par la Carsat selon les règles de tarification en vigueur.

Quatre priorités de prévention à relire dans votre DUERP
Le document unique d’évaluation des risques professionnels (DUERP) doit refléter les risques réels de l’entreprise. Les tendances 2025 ne s’appliquent pas mécaniquement à chaque établissement, mais elles aident à vérifier que les points sensibles sont bien évalués, comme le recommande l’INRS.
- Manutentions et postures. Les troubles musculosquelettiques représentent près de 90 % des maladies professionnelles. Charges, gestes répétitifs, vibrations et postures contraignantes méritent une cotation précise, poste par poste.
- Jeunes et nouveaux arrivants. Les moins de 25 ans pèsent 11 % des salariés mais 16 % des accidents du travail et 23 % des accidents de trajet. L’accueil au poste, la formation à la sécurité et le tutorat font partie des mesures à inscrire au plan d’action.
- Déplacements. La hausse des accidents de trajet rappelle le poids du risque routier. Les déplacements professionnels s’évaluent dans le DUERP ; l’organisation des horaires et des tournées peut aussi réduire l’exposition sur les trajets.
- Santé psychique. Les affections psychiques reconnues comme maladies professionnelles augmentent de 9 % en un an. Charge de travail, conflits et organisation relèvent des risques psychosociaux, à évaluer comme les autres risques.
Les aides financières à la prévention progressent
2025 est la première année pleine de la convention d’objectifs et de gestion AT/MP, qui renforce les programmes nationaux sur les TMS, les risques chimiques, les risques psychosociaux et les accidents graves et mortels. L’Assurance Maladie indique avoir accordé plus de 2 800 Subventions Prévention, pour près de 28 millions d’euros, et un peu moins de 800 contrats de prévention, pour près de 29 millions d’euros.
Le Fonds d’investissement dans la prévention de l’usure professionnelle (FIPU), ouvert en 2024, a versé plus de 21 000 aides en 2025, pour près de 140 millions d’euros, sur les manutentions de charges lourdes, les vibrations et les postures pénibles. Les conditions et les montants dépendent de la taille de l’entreprise et du dispositif : ils sont détaillés sur la page aides financières d’ameli.fr entreprise, avec une rubrique dédiée aux entreprises de 1 à 49 salariés. Un DUERP à jour et un plan d’action chiffré facilitent la constitution d’un dossier.
Accidents stables, maladies professionnelles en hausse, arrêts plus longs et santé psychique en progression : le bilan 2025 invite à relire le document unique sur les TMS, l’accueil des jeunes, les déplacements et les risques psychosociaux. Les aides de l’Assurance Maladie peuvent cofinancer une partie des mesures. Ces informations ne remplacent pas l’analyse de votre situation particulière.
Sources consultées le 14 octobre 2026 : Assurance Maladie, communiqué du 13 octobre 2026, « Risques professionnels : les principaux chiffres de la branche AT/MP en 2025 » ; ameli.fr entreprise, aides financières ; INRS, évaluation des risques professionnels ; INRS, risques routiers.
